OL- ASSE : Un derby pour l’histoire

Posted on 25 septembre 2010

2


Comme le dit l’adage, dans le football, tout va très vite. « Menaçable, mais pas menacé » en début de semaine selon son président,  Claude Puel en serait presque à compter ses jours à la tête de l’Olympique Lyonnais, à quelques heures d’un derby chaud tendu. Jean-Michel Aulas a eu beau monter au créneau sur OL TV et étaler un soutien indéfectible à son entraîneur fétiche, le mot fut lâché, comme une évidence. Puel débarqué ? Oui Monsieur, c’est possible. Inimaginable il y a quelque temps. Ce changement sémantique dans la bouche du patron est directement dicté par les résultats médiocres de l’équipe pro. Le temps que quelques noms circulent (Gerets, Le Guen, Lippi) et que la rumeur d’une rencontre Lacombe-Lippi soit démentie, et voilà notre ami Clau-clau sur la sellette. Comme quoi, garder la forme, griller les joueurs au footing et rester calme en conf’ de presse n’y changent rien. Alors quoi ? Son sort est déjà scellé ? Aulas dit se donner jusqu’à fin octobre pour décider. En attendant, le centième derby de l’histoire est déjà décisif.  Si l’OL perd, Puel dégage. Comprenez : ce soir, à 21h, la pression ne sera pas que sur les comptoirs.

La suprématie lyonnaise sur le football régional et les sept titres ramassés depuis 2002 n’y font rien : les plus forts, c’est les Verts. Sur les 99 confrontations, les Stéphanois mènent 38 victoires à 31. Or, ces derniers n’ont pas remporté un seul derby depuis 1994, laissant les formules  type « un derby ça ne se joue pas, ça se gagne » à leurs proches voisins. Clin d’œil de l’histoire ou pas, cette fois, à l’heure d’en découdre, les Verts investiront la pelouse avec le costume du patron. Celui du leader du championnat, sûr de sa force et de son jeu. Habituellement tremblotants quand il s’agit d’effectuer le court déplacement à Gerland, les Verts ont refourgué la peur au ventre à l’ennemi juré. 17ème au classement avec 5 petits points dans la musette, il y a en effet bien longtemps que les Gones n’avaient pas autant fait pitié après 5 journées. Les rôles sont inversés donc, ou dans la logique des choses, c’est au choix, et rien que pour ça, ce derby tombe à pic. Faciles vainqueurs de Nice en milieu de semaine, les Verts ont gagné le droit de se faire plaisir. Et d’aborder ce choc sans pression aucune. Un luxe, dont ne jouiront pas leurs ennemis, empêtrés dans leur crise sans nom. Depuis le début de saison, ces derniers ne sont pas catastrophiques, mais c’est tout comme. Quelques éclaircies persistent dans le ciel de Gerland : la victoire en  Ligue des Champions face à Schalke 04, une charnière centrale Diakhathé-Lovren qui tient à peu près la route, les prestations du jeune Pied et la montée en puissance, certes lente mais attestée, de Gourcuff. Mais c’est à peu près tout. L’infirmerie est encore bondée, ce qui empêche toute équipe-type d’émerger et freine la progression du groupe. Or, si  ces dernières années, l’OL a souvent connu un démarrage poussif, ses tâtonnements s’estompaient une fois la Coupe d’Europe entamée. Cette saison, ce n’est pas le cas, et c’est bien ça le problème. Alors ? A qui la faute ? Les joueurs et le préparateur physique ont bien une part de responsabilité. Mais, comme c’est d’usage dans le foot pro, quand ça craint, c’est l’entraîneur qui trinque. Les « Puel Démission » scandés récemment dans les travées de Gerland ne datent pas d’il y a deux semaines. L’hiver dernier déjà, les supporters rhodaniens étaient nombreux à souhaiter le limogeage du coach lyonnais. Puel n’est pas, selon nous, un mauvais entraîneur. Ses parcours avec Lille en Ligue des Champions le prouvent. La bonne santé actuelle de son ancien club ne lui est pas étrangère – c’est lui qui lança Cabaye, Rami et Debuchy dans le grand bain. Mais c’est un coach défensif et seulement défensif, qui ne jure que par le respect du bloc équipe et ne mise que sur la récupération du ballon et le contre pour gagner. Oui défendre est primordial, mais ça ne suffit pas, surtout quand on préside aux destinées d’un grand club.  Puel a hissé Lyon en demi-finales de ligue des champions. Ok, mais, à ce stade, contre le Bayern Munich, les Lyonnais ont perdu par manque d’ambition dans le jeu. Le grand Mourinho ne s’y est pas pris autrement pour inscrire une nouvelle C1 à son palmarès et à celui de l’Inter. Oui, mais avec un jeu offensif bien plus attrayant et plus ambitieux. Depuis qu’il a posé ses valises entre Rhône et Saône, Puel n’a rien gagné. Il a même perdu le titre de champion de France, en ne poursuivant pas la série de 7 titres consécutifs sur laquelle restaient les Lyonnais. Pire, sur les dix dernières années, le jeu de l’OL n’a jamais paru aussi pauvre que sous l’ère de l’ancien coach lyonnais. Le tableau est-il vraiment si sombre ? Difficile de répondre, même si des motifs d’espoirs demeurent. Après tout, Claude Puel est un guerrier, qui avoue même voir dans les difficultés qui s’abattent sur son onze autant de « challenges à relever ». Alors rien de mieux pour le coach lyonnais qu’un bon gros duel bien âpre avec Sainté pour relancer ses troupes. Derby rime plus avec ennui qu’avec avalanche de buts et spectacle, et ça, dans le jargon puélien, ça compte.

De leur côté, les hommes de Galtier, euphoriques en ce début de saison, ont l’occasion de renouer avec leur histoire triomphante. Surtout, ils ont entre leurs pieds le destin de l’entraineur lyonnais. Ils seraient bien inspirés de « prendre les trois points », et de donner un bon coup d’accélérateur à l’histoire de l’Olympique Lyonnais.

Publicités
Posted in: Ligue 1