Marseille ou jamais

Posted on 28 septembre 2010

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Home jackés avec brio par les Russes du Spartak Moscou il y a quinze jours, les Marseillais se sont placés dans une position ordinaire, celle du petit, condamné à l’exploit. Depuis trois saisons qu’ils étrennent leurs maillots aux quatre coins de l’Europe, les Marseillais sont réguliers, dans l’échec. Certes, jusque là, le tirage ne les avait pas vraiment gâté. Les groupes de la mort dont ils avaient hérité – Liverpool et Athletico Madrid en 2008, Real Madrid et Milan AC en 2009 – avaient (un peu) atténué la honte du supporter olympien à l’heure de quitter la scène européenne.  Mais cette fois, c’était différent. Choper Chelsea, Moscou et les plombiers slovaques de Zilina s’apparentait à un tirage clément. Même Deschamps  salivait déjà à l’idée de croquer enfin un dessert printanier européen. On connaît la suite. En attendant le match retour au stade Loujniki – qui en toute logique décidera de l’avenir olympien en C1 – les Marseillais se coltinent l’ogre Chelsea. Foutu d’avance ? Pas si sûr.Si le match de ce soir n’est pas encore décisif d’un point de vue comptable, tout autre résultat qu’une défaite serait le bienvenue dans le duel à distance que se livrent l’Ohème et les Moscovites du Spartak. A en juger par les forces en présence, les Phocéens abordent le choc de ce soir avec un peu plus de pression que le simple petit poucet en quête de souvenirs. Et ils ont raison. Le Chelsea que couchera Ancelotti sur sa feuille n’a rien à voir avec celui qui remportera la Premier League en mai prochain. Drogba suspendu, Lampard, Kalou, Benayoun et Bosingwa blessés, les Blues seront forcément moins talentueux. Et même si le banc de touche du coach italien regorge de pépites (Sturridge, Kakuta), son équipe n’a jamais semblé aussi prenable depuis le début de saison.

Conseils taquetiques et tequeniques

Le mode d’emploi de l’exploit est connu de tous. Même les Bordelais en 2009 savaient à quoi s’en tenir avant de se rendre à Stamford Bridge. Résultat : 4-O, mais quelques photos et maillots en échange. Pour éviter ça, ne pas encaisser de buts dans les 20 premières minutes, toujours gêner le porteur du ballon, défendre en bloc, et planter à la moindre demi-occasion. Le coach marseillais pourra puiser quelques idées dans la défaite de Chelsea à Manchester City. On imagine sans peine que le dvd du choc entre les deux clubs les plus pétés de tunes du Royaume Uni a dû tourner dans les lecteurs. Voici quelques pistes qui nous ont sauté aux yeux. Malouda, contrairement à la position d’ailier gauche qu’on lui assigne sur les tableaux verts, joue davantage comme un meneur de jeu. C’est lui qui décide du tempo, et oriente les attaques placées. Si danger il y a, on parie qu’il viendra du frenchie. Pour réduire son influence, les Phocéens devront s’attacher à couper sa relation avec Anelka. S’il parviennent à poser leurs pieds (carrés) sur le cuir, jouer dans le dos des latéraux – surtout du virevoltant Ashley Cole, la caravane d’Ivanovic ne l’autorisant pas à dégarnir son flanc droit – peut s’avérer payant. Lorsqu’ils défendent, les Blues ont tendance à protéger l’axe du terrain. Alex et Terry, en bons défenseurs centraux qu’ils sont, se délectent des longs centres imprécis. Les grandes chandelles déployées face au Spartak sont donc à bannir. Devant les deux gorilles, Essien aime prêter main forte à Obi Mikel lorsqu’il s’agit de récupérer le jouet. Ces deux-là font partie des meilleurs milieux défensifs au monde. Tout ça nous conforte dans l’idée qu’il serait plus sage de provoquer sur les côtés qu’au cœur du terrain, où l’on s’expose davantage à des contres meurtriers. Diminuée, Chelsea reste une grande équipe, et comme dirait l’autre, une grande équipe ne perd jamais deux fois. Intrinsèquement moins forte, Marseille a des arguments à faire valoir. Deux victoires d’affilée, une bonne assise défensive, un jeu en constante amélioration, les raisons de croire à l’exploit existent. A condition de soigner ce mal récurrent qui tourmente encore les nuits des ultras marseillais : la finition. Cela fait trois saisons que l’OM reçoit fessée sur fessée de la part des cadors. Le Real Madrid, le Milan AC et Liverpool l’ont toujours dominé, sans trop de difficultés. S’il nourrit l’ambition de goûter aux huitièmes de finales, l’OM doit commencer par croquer plus gros que lui.

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