Bordeaux jusqu’à la lie

Posted on 23 janvier 2011

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Les têtes sont basses, les regards vides. L’humiliation est totale, la crise profonde. Alors qu’ils sont déjà largués en championnat, les Girondins ont désormais quitté la coupe de France. Sans honneur évidemment. Le bourreau ? Angers, 15ème de ligue 2. Une bonne petite équipe, solidaire, joueuse et motivée. Tout l’inverse, en somme, de Bordelais apathiques et résignés, dont le manque de liant éclate une fois de plus au grand jour. Les hommes de Tigana ont peut-être gâché l’unique chance d’investir la scène européenne la saison prochaine. Faute d’une Coupe de France rédemptrice, c’est dans le calice qu’ils noieront leur saison ratée, à moins qu’à l’instar de Moussa Maazou, ils ne s’en « battent les couilles ». Retour sur une déroute.

 

Bordeaux était prévenu. En ce début d’année 2010, les petites équipes se délectent des grosses écuries. Après la défaite en terre phocéenne, Tigana avait ainsi martelé que la détermination ferait la différence. N’empêche, Bordeaux étrennait un statut. Celui du cador qui inspire le respect. Exit donc la compo défensive couchée au  Vélodrome, place à l’attaque. Les choix offensifs du coach auraient d’ailleurs pu s’avérer payants. Il eut pour cela fallu que Fahid Ben Khalfallah soit doué techniquement. Bien lancé à la 4e minute, le Tunisien se précipita et claqua une véritable frappe de poussin, quand le bon sens incitait à provoquer le gardien angevin. Dommage, son action restera comme la seule occaz franche des Girondins. La hiérarchie voulait que ces derniers fassent le jeu et que leurs hôtes se barricadent. La réalité fut tout autre. Les troupes d’Alou Diarra ont bien essayé d’évoluer en passes courtes mais ne sont que très rarement parvenues à dépasser le milieu de terrain. Servis exclusivement dos au but, les deux créateurs attitrés Wendel et FBK ont brillé par leur incapacité à mettre leurs attaquants dans de bonnes conditions. Peu de mouvements autour du porteur du ballon, aucun changement de rythme et des passes souvent mal assurées, voilà les principaux traits du « jeu bordelais ». Et l’on passe sur les grossières erreurs techniques. Craintifs au début, les joueurs de Ligue 2 ont très vite compris le parti qu’ils pouvaient tirer des faiblesses des marines, notamment des montées mal assurées des deux latéraux. Résultat : des contres incisifs et quelques sueurs froides dans la nuque de Carrasso. Et ouais, ça fait beaucoup pour une équipe de Ligue 2. Echaudés par leur impuissance, les Girondins changèrent leurs plans au retour des vestiaires. Finies les passes latérales inoffensives. Place au jeu direct. Bien regroupé, le SCO opère en contre et va finalement concrétiser. 65e, suite à une série d’erreurs de placement de l’arrière garde bordelaise, Renouard trompe Carasso. 1-0. Pas volé pour un sou…La suite ? Une succession de ballons piqués imprécis dans la surface du SCO. Les entrées conjuguées de Jussie, Gouffran et Ayité n’y changeront rien.

Bordeaux en Ligue 2 ?

Une élimination de la glorieuse mais quelque peu vieillotte Coupe de France n’est pas un drame en soi. Bordeaux ne l’a d’ailleurs pas remporté depuis 1987. Hélas, n’en déplaise à l’actionnaire majoritaire, la Ligue des Champions semble d’ores et déjà inaccessible au club aquitain tant Le LOSC, le PSG, l’OL et l’OM semblent voués à truster le podium de la Ligue 1. Alors quoi ? Foutus ces Bordelais ? L’objectif officieux du club est désormais une qualif en Europa League. Ramasser une Coupe de France dans laquelle ne figurent plus que quelques clubs de l’élite constituait le chemin le plus court vers la compétition continentale. Peine perdue, c’est en Championnat qu’ils vont devoir cravacher pour remplir l’objectif. Problème : leur classement – 10e – n’incite guère à l’optimisme. Certains argueront que la 4e place n’est qu’à 7 points. D’autres, plus lucides, rétorqueront que Caen, le premier relégable, ne pointe qu’à 6 petits points des Girondins. A qui la faute ? Personne n’est exempt.

« Sans âme »

Si certains joueurs ont fait illusion – Fernando, Diabaté – la plupart frisent le ridicule, notamment ces recrues qui alternent transparence – Modeste, FBK – et débilité – Maazou. Mais le symptôme le plus parlant de la crise actuelle réside sans aucun doute dans le piètre niveau de jeu des cadres d’hier. Ciani, Wendel et Alou Diarra, pour ne citer qu’eux, sont à mille lieux de leur exploits d’antan. Depuis six mois maintenant, les Aquitains offrent chaque samedi à leurs supporteurs le visage d’une équipe minée par le doute, sans leader, sans âme, et dans laquelle la communication, sur le pré, se limite désormais aux reproches adressés au partenaire. Même l’envie et la détermination, valeurs cardinales de Tigana, ont fui le maillot au scapulaire. Si en football, le lâchage d’un coach est difficilement identifiable, l’absence criante de combativité affichée à Angers devrait le pousser à questionner les vertus de son discours. Elle accrédite en tous points la thèse d’une rupture entre les joueurs et l’ex-entraîneur monégasque. Et quand bien même, ce dernier ne peut résumer la médiocrité actuelle à une simple question d’état d’esprit défaillant. Depuis qu’il a pris place sur le banc en juillet dernier, son apport en terme de jeu s’est révélé minime, sinon négatif. Il est grand temps de le remercier. Les dirigeants bordelais seraient pour une fois bien inspirés de prendre les décisions qui s’imposent, au lieu de subir les événements continuellement. Des actes Monsieur Triaud, et vite !

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