Gillot contre les vampires

Posted on 12 août 2011

2



Les moins ronchons des supporters se consoleront peut-être avec l’idée que c’est à Saint-Etienne, un club « ami », que les Girondins ont lâché les trois premiers points de leur saison. Les autres, lucides, ravaleront leur salive et rumineront cette première manquée. Sur le port de la lune, rien n’a vraiment changé depuis la saison dernière. Et ce malgré l’opération de communication – réussie – orchestrée depuis juin tendant à prouver le contraire.  » Un nouveau coach », « un nouvel état d’esprit », « une préparation convaincante » : tout l’optimisme distillé aux alentours du Haillan a été balayé par de chanceux Stéphanois. Ces Girondins-là semblent toujours hantés par ce qu’il est convenu d’appeler leurs démons. Ou plutôt, le bagou de l’ex-entraineur sochalien n’a pas encore masqué les lacunes désormais inhérentes de l’équipe première. Du moins pas encore. Hélas, pour sa première, le sympathique Gi-llot est resté dans les blocks.

Sané, un genou à terre.

En soi, cette défaite n’a rien de surprenant. Au sortir d’une saison elle aussi en demi-teinte, les Verts ont considérablement modifié leur effectif, sans totalement y perdre en qualité. L’équipe girondine s’est en revanche dangereusement affaiblie. Des joueurs cadres, qui n’avaient certes pas  honoré leur statut, sont partis voir ailleurs si le sable était plus jaune (Alou Diarra, Fernando, Wendel). Mais l’équipe dirigeante ne les a remplacés que par des seconds couteaux en fin de contrat (Nicolas Maurice-Belay, Landry N’Guemo). Malgré deux bonnes entames et une deuxième mi-temps correcte, les mêmes joueurs qui avaient failli l’an passé ont à nouveau étalé au grand jour leurs faiblesses incurables. Évidemment, l’action qui amène le premier csc de la saison de Mika Ciani en est le symbole éclatant : Sako ridiculise et dépose Chalmé près de la ligne médiane, Sané tergiverse au lieu d’intervenir, dévie le centre, et Ciani trompe Carasso, inexplicablement. Classic Shit.  L’on pourrait dès lors accabler ce pauvre Mika ; commencer à sérieusement douter des capacités physiques de Marc Planus, éternellement forfait ; déplorer l’apparente sérénité de notre latéral droit qui confine désormais à de la suffisance ; épiloguer sur « le cas Modeste » et rejoindre le débat houleux sur l’opportunité des sifflets à son encontre ; invoquer les pouvoirs magiques que l’ami Jussie utilise avec tant de parcimonie. Et qui sait, peut-être pourrions-nous envoyer Jean-Louis Triaud quérir à dos de chameau un tas de pétrodollars puants pour se payer quelques joueurs de la Liga en mal de conflits sociaux ? Et bien non ! Nous le ferons pas.

Michael Ciani

Car si, en apparence, l’inter-saison n’a rien changé au marasme ambiant., un homme, un seul,  semble en mesure d’apporter un souffle nouveau sur la « belle endormie ». Et il y a fort à parier que si les progrès doivent poindre, c’est auprès de Francis Gillot et de ses adjoints qu’il faudra en chercher les origines. Le nordiste aime le jeu, la vitesse et la franchise. La jeune équipe de Sochaux qu’il façonna en trois ans s’est ainsi qualifiée pour la Ligue Europa à l’aide d’un jeu offensif séduisant. Les quelques bonnes périodes des marines laissent déjà entrevoir sa science du football.  Et les nombreux jeunes joueurs (Sertic, Saivet, Traoré, Modeste et Diabaté) seraient biens inspirés d’en profiter pour exprimer pleinement leur potentiel.

Nicolas de Tavernost et Jean Louis Triaud

Pourtant, le nouvel homme fort des Gigis n’est pas dupe, lui qui concède avoir « du travail partout ». Et l’on comprend aisément qu’il invoque la patience des supporters, tant les lacunes bordelaises sont criantes. Mercredi 10 août, dans Sud Ouest, Mika Ciani dévoilait le contenu d’une discussion avec René Lobello, l’un des adjoints de Gillot,  survenue dimanche dernier, quelques minutes après le coup de sifflet final.  « On a parlé du fait que nous, les grands défenseurs, avons tendance à faire de grands appuis, et qu’il fallait rectifier certaines choses pour améliorer nos déplacements. » Symptomatique. Deux jours plus tard, le défenseur central courrait les pieds attachés, afin de rectifier ses trop « grands appuis », pas étrangers au but gag qu’il marqua contre les siens.  Si l’on y ajoute le refus de Nicolas de Tavernost, président de M6, de mettre la main à la poche pour tenter d’attirer un vrai buteur (Erding) en Aquitaine, l’on comprend dès lors que l’ami Francis, si sympathique qu’il soit, n’a pas toutes les cartes en main.

Publicités
Posted in: Ligue 1